Cinquième partie: Guide de l’amateur de malt whisky

Private Whisky Society

Parlons maintenant d’un livre de référence : le « guide de l’amateur de malt whisky » (Solar éditeur, 29,90 €) de Michael Jackson. Une nouvelle édition publiée en 2012 avec la collaboration de Dominic Roskrov, Gavin D. Smith et William C. Meyers. Disparu trop tôt en 2007 à l’âge de 65 ans d’une crise cardiaque (il souffrait aussi de diabète et de Parkinson). Il s’est fait connaître à la fin des années 1970 pour son premier livre « The world guide of beers ». Puis dans les années 1990 il a été la vedette d’un show télé aux US : « the Beer Hunter », certains extraits sont dispo sur youporn, ah non pardon youtube. Il a découvert le whisky à Edinbourg ou il travaillait comme journaliste. Il est considéré comme l’écrivain le plus important sur le whisky. Il est master of the Quaich et  officier honoraire du Ridderschap van de Roerstok une distinction belge réservée aux brasseurs, mais nos amis Belges savent faire des exceptions aux règlements (pas comme la SWA). Suite à son décès des experts reconnus se sont donnés comme but d’actualiser l’ouvre de Michael Jackson, dans cette édition ils ont retirés plus de 500 whiskys (qui ne sont plus disponibles) et les ont remplacés par 300 nouveaux embouteillages de distillerie et 200 d’embouteilleurs indépendants. Les deux-tiers des notes de dégustation sont nouvelles sauf pour The Macallan étant donné l’amour que Michael Jackson avait pour cette distillerie, ils ont juste rajouté la série Fine Oak (qui est de mon point de vue totalement incompréhensible). L’approche originelle de Michael Jackson pour la notation a été gardée : rarement en dessous de 60 et au dessus de 85. Le livre du guru dont je parlais plus haut qui note très (trop) fréquemment au dessus de 90, voire 96, n’avait pas cette optique rigoureuse. Si un whisky obtient une note supérieure ou égale à 85 vous pouvez l’acheter les yeux fermés (si votre compte en banque l’autorise) et si la note de dégustation vous donne envie. Ce livre, contrairement au précédent est purement factuel : aucun jugement. Le cœur du livre est précédé de chapitres instructifs sur les origines du malt, les flaveurs (très intéressant), les différences régionales (moins convainquant), l’âge idéal, le bois idéal et enfin sur les propriétaires, distillateurs et embouteilleurs (plein d’informations sur les embouteilleurs indépendants).

Toutes les notes ont la même structure. Je reproduis ici la note d’un single malt que j’apprécie beaucoup :

HIGHLAND PARK 18-year-old, 43% vol.
COULEUR Or pâle, réfringent
NEZ Chaleureux, nettement floral. Miel de bruyère, sève, tourbe, odeur de fumée. Très aromatique et appétissant.
CORPS Remarquablement moelleux ; ferme et arrondi.
BOUCHE Légèrement salé. Feuillu (feuilles de vigne?), pignons. Beau développement des flaveurs : noisette, miel et cannelle, gingembre s’asséchant.
FINALE Epicé. Très sec. Chêne ; fumé et chaud.
NOTE 92

avec dans ce cas précis une photo du flacon. Parfois on a des photos des étiquettes et le plus souvent rien!

Jim Murray le score à 95.5, mais toujours mégalo ajoute : « I have thought of late of promoting the distillery into the world’s top three : only Ardbeg and Buffalo Trace have been bottling whisk(e)y of such quality over a wide range of ages in such metronomic fashion ».

La note de dégustation de la maison du whisky est la suivante :

Couleur : vieil or à reflets ambrés.
Nez : ample, fin. Harmonieux avec ses notes de fleurs (violette, lilas), de miel, d’abricot et de chocolat noir. Il évolue sur l’orge maltée légèrement fumée et le tabac à pipe.
Bouche : ferme, suave. Elle dévoile la douce âcreté de la tourbe et des notes de bruyère puis se développe sur les épices (noix muscade).
Finale : sèche, cendrée. Des notes de noix et d’amande soulignent l’influence du vieillissement en fût de sherry. Elle se prolonge sur les fleurs capiteuses et le miel de bruyère.

Et annonce que ce flacon a reçu un 95/100 Extraodinary. Ultimate recommendation. Ultimate spirits challenge 2013.

Le SEUL reproche que je fais à cet ouvrage est de dater de janvier 2012, donc d’avoir été réalisé en 2010-2011 et que comme je l’ai déjà dit le monde du whisky évolue très (trop?) vite. Dominic Roskrow qui a rédigé le (tout petit chapitre 5 pages) intitulé WHIKYS DU MONDE ne parle pas de Kavalan que pourtant il apprécie et connaît bien puisqu’il apparaît à deux reprises dans son excellent ouvrage « le 750 meilleurs whiskies du monde » (dont je parlerai), et 11 fois dans la bible de Jim Murray’s avec un 97 pou le Kavalan Solist Fino Sherry Cak. Personnellement un 96,874 me semblait plus approprié, mais Murray fait tout pour montrer que le Whisky écossais est has been !

Donc ce livre est un must, comme le Higland Park 18 ans d’âge !

Clair, précis, factuel, traditionnel, pas de sensationnalisme ni de faux-semblant. Pas de marketing. A ce sujet les auteurs racontent « lors des concours de dégustation il (Michael Jackson) refusait de se laisser bousculer ; bien souvent toute une salle de juges a dû l’attendre : il examinait encore son échantillon alors que tout le monde avait terminé depuis longtemps et que les verres avaient été ramassés. Sa position était simple : si quelqu’un a pris la peine de créer cette boisson et de la laisser vieillir des années, le moins que l’on puisse faire, c’est de lui apporter toute l’attention nécessaire avant de rendre son jugement ».

Un homme respectueux du travail des autres. Un homme honnête. Un honnête homme. Vous ne regretterez pas ce livre que vous consulterez souvent. Bonne lecture !

Première partie: les ouvrages de LMDW

Deuxième partie: 101 whiskies, Ecosse, Irlande, Etats-unis, Japon

Troisième partie: The Malt Whisky Yearbook

Quatrième partie : La Whisky Bible

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