Taïwan devient une place forte du whisky

C’est une belle histoire, bien que courte puisque récente, que celle de Kavalan. L’actuel propriétaire, Lee Tien Tsai, fondateur du groupe King Car, est depuis longtemps un passionné de whisky. Seulement avoir accès aux meilleures bouteilles ne lui suffisait plus. Il voulait créer quelque chose à son image, et à celle de son ile. Il décida donc de créer Kavalan, première et seule distillerie Taïwanaise.

Private Whisky Society

Les travaux se finirent à l’orée de l’année 2006 et la production commença au mois de mars de la même année. Afin de pouvoir produire un whisky d’exception, il mit la colossale puissance financière du groupe King Car au service de sa future distillerie. Les chiffres les plus fous ont été avancés concernant l’investissement. Ce qui est sur c’est qu’il doit se situer autour de 5 millions d’euros. Car le climat local n’est pas le seul facteur à rendre ce whisky exceptionnel. Les meilleurs des meilleurs de chaque catégorie, du fournisseur d’orge au fabricant des alambics en passant par le malt master, ont été sélectionnés et embauchés.

Kavalan a donc eu les meilleurs, mais bénéficie également du climat local pour forger son caractère. En Ecosse le taux moyen de la part des anges, évaporation annuelle et naturelle de l’alcool en fût, est de 3%, à Taïwan, ce taux est de 15%. Le résultat, des whiskies vieillissant infiniment plus vite, allant chercher le maximum à tirer de chaque fut. Pour exemple le Solist sherry cask que nous verrons aujourd’hui est âgé de 5 ans mais ni titre plus qu’à 58,2%. En comparaison Un Tormore 1988 de 24 ans de notre bar titre lui à 55%.

Ce Kavalan Solist sherry cask, comme sa distillerie, a remporté nombre de médailles d’or dans différents concours internationaux. Voyons ce que cette bête de concours a à nous offrir.

Au nez on pourrait croire que ce whisky a plus de 20 ans. Les notes du sherry sont exacerbées au maximum. On retrouve une très puissante note de pruneau, des notes de figues ainsi qu’une touche de chocolat noir. Le sherry a tellement prit le pas que cette odeur distinctive du vinaigre de xérès (nous vous rappelons que le sherry est le vin de xérès, vin à l’origine du vinaigre du même nom) est venu se loger. Dans le bon sens du terme, bien entendu. Avec de l’eau quelques notes terreuses apparaissent.

En bouche on retrouve un distillat très riche, très gras, à la limite du crémeux. Des notes vineuses et de fruits rouges ouvrent le bal. Elles sont très vite rejointes par les notes de pruneaux et de fruits rouges du nez. Viennent ensuite le chocolat noir et des épices, une puissante cannelle. Un peu d’eau révèlera des notes de poivre, ravivera le pruneau mais offrira également une touche plus exotique, comme de la mangue.

La finale est longue et grasse, laissant s’exprimer les épices avant que les pruneaux, le chocolat et le xérès ne reviennent.

L’avis de Private Whisky Society

Une bête de concours, tout simplement. Une précision diabolique, des notes puissantes et marquées se mariant avec harmonie. De belles révélations dans les notes grâce à l’ajout d’eau. Bref ce whisky a tout pour faire chavirer les cœurs. Il n’existe actuellement pas de sherry matured plus marqué par son vieillissement sur le marché. C’est un peu l’Octomore du sherry cask. On regrette peut être le manque de différence entre le nez et la bouche, mais l’ajout d’eau permet de combler cette (minuscule) lacune. A gouter au moins une fois dans sa vie. Et si vous ne voulez pas vous ruiner, la bouteille coute tout de même dans les 150 euros, il est disponible en mignonette format dégustation chez certains vendeurs.

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