La fin d’une belle aventure bretonne

C’est officiel depuis quelques jours maintenant, la distillerie Glann ar Mor, certainement ce qui se fait de mieux en France, fermera ses portes le 15 aout prochain. A l’origine de cette décision, prise par Jean Donnay, patron du lieu, des problèmes issus de la nouvelle IGP whisky breton, dont les contraintes empêcheraient le développement futur de la distillerie.

Private Whisky Society

Jean Donnay a commencé avec les embouteillages Celtique connexion avant d’ouvrir Glann ar Mor, distillerie la plus récompensée en France. Jean Donnay a lui-même été élu « Whisky distillery manager of the year » en 2014.Il a participé à la création de cette INAO avec les autres distillateurs bretons Kaerilis, la Distillerie des Menhirs et Warenghem depuis 2009. Puis il déclare : « En 2011, on nous a expliqué qu’il fallait trouver quelque chose de commun à tous nos whiskies. Donc on a organisé une séance de dégustation avec nos productions. Normalement, on ne déguste pas plus de six whiskies. Là, il y en avait onze. Et personne ne reconnaissait ses propres whiskies… En janvier 2012, Glann ar Mor, la Distillerie des Menhirs et Kaerilis ont envoyé une lettre à l’Inao pour refuser l’IGP. J’attends toujours une réponse… On pensait le dossier enterré quand, en mars 2014, l’Inao nous recontacte pour nous dire que l’IGP allait se faire avec ou sans nous. On a découvert que le cahier des charges avait réécrit, uniquement avec Warenghem -les plus gros distillateurs. Puis la Distillerie des Menhirs s’est ralliée à l’IGP. »

Depuis, Glann ar Mor refuse de se conforter à cette IGP qu’ils estiment « être faite pour favoriser un mode de production industrielle » et se retrouve de fait exclu. Le premier point de désaccord concerne l’utilisation du terme « single malt » qui à l’origine désigne un whisky produit à partir d’une céréale maltée dans une unique distillerie. Son nouveau produit, un single malt Rye whisky, était la pierre angulaire de son développement futur. L’interdiction dans l’IGP d’utiliser un alambic à plateaux, avec lequel il développait ce whisky, puis celle d’utiliser l’appellation « single malt » pour toute autre céréale que l’orge, avait fini de mettre ce nouveau produit à terre.

De fait, l’entreprise estime ne pouvoir entrer dans l’IGN et doit donc renoncer à toute appellation de terroir, ce qui est un handicap énorme dans l’univers du whisky où ils sont souvent classés de manière géographique.

L’INAO, qui gère les dossiers d’appellations, rétorque que le cahier des charges a été constitué avec tous les professionnels pour ne pas en handicaper un. Ils ajoutent que les discussions restent ouvertes et possibles, sujet sur lequel Jean Donnay semble sceptique.

Suite à tous ces problèmes, la décision a donc été prise de fermer la distillerie. Cependant Jean et Martine Donnay ont d’autres projets, notamment sur Islay où leur future distillerie, Gartbreck, est en construction. Nous sommes impatients de voir cette nouvelle étoile briller et nous leur souhaitons une nouvelle fois beaucoup de chance et de courage dans ce superbe projet.

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